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19 septembre 2026

ACRE et démission-reconversion : les aides à la création qu'on oublie de vérifier

De nombreux créateurs d'entreprise pensent connaître l'ACRE, ou ont entendu parler de "toucher le chômage en démissionnant pour créer sa boîte". Les deux dispositifs existent bel et bien, mais leurs règles ont changé en 2026, et ils sont souvent confondus alors qu'ils fonctionnent de façon totalement différente. Voici ce qu'il faut vérifier avant de compter dessus dans votre plan de financement.

L'ACRE n'est plus automatique depuis 2026

Jusqu'à récemment, l'ACRE (aide à la création ou reprise d'entreprise) était accordée sans démarche particulière pour la plupart des statuts, à qui remplissait les critères (les micro-entrepreneurs devaient déjà en faire la demande). Depuis le 1er janvier 2026, il faut la demander explicitement auprès de l'Urssaf, avec un délai impératif de 60 jours après le début d'activité, applicable dès cette date pour l'entreprise individuelle au régime réel et les dirigeants assimilés salariés, et à compter du 1er juillet 2026 pour les micro-entrepreneurs. Passé ce délai, l'aide est perdue pour cette création, même en cas d'éligibilité.

Le taux d'exonération a baissé, mais pas à la même date pour tout le monde

L'ACRE consiste en une exonération partielle de cotisations sociales sur la première période d'activité. Le taux a été réduit de 50% à 25% pour les micro-entrepreneurs, à compter du 1er juillet 2026 (les créations antérieures gardent 50% jusqu'à la fin de leur période d'exonération). Pour l'entreprise individuelle au régime réel et les dirigeants assimilés salariés, le nouveau plafond de 25% s'applique dès le 1er janvier 2026, mais de façon dégressive selon le revenu (exonération pleine sous 75% du plafond annuel de la sécurité sociale, dégressive entre 75% et 100% de ce plafond, nulle au-delà).

Concrètement, pour un micro-entrepreneur en vente de marchandises (taux normal 12,3%), le taux avec ACRE passe d'environ 6,2% (exonération 50%, créations avant le 1er juillet 2026) à environ 9,2% (exonération 25%, créations à partir du 1er juillet 2026). Sur un même chiffre d'affaires, la différence pèse réellement sur les premiers mois de trésorerie.

Qui reste éligible

Les critères se sont resserrés depuis 2026. L'ACRE reste accessible principalement aux demandeurs d'emploi indemnisés ou inscrits à France Travail depuis au moins 6 mois sur les 18 derniers, aux bénéficiaires du RSA ou de l'ASS, aux personnes de 18 à 25 ans révolus (29 ans en cas de handicap), et à certains cas de reprise d'entreprise en difficulté. La liste complète des critères, plus longue (zones prioritaires, contrats CAPE, certains bénéficiaires de prestations spécifiques), est disponible sur le site de l'Urssaf. Un piège à connaître : vous ne pouvez pas bénéficier de l'ACRE si vous en avez déjà profité au cours des 3 années précédentes.

Un dispositif à ne pas confondre : la démission-reconversion

C'est un mécanisme complètement différent, qui concerne les salariés en CDI du secteur privé qui veulent démissionner pour créer leur entreprise tout en touchant une allocation chômage (l'ARE) le temps de démarrer. Deux points le distinguent nettement de l'ACRE :

  • L'ACRE est une exonération de cotisations sociales. La démission-reconversion donne droit à un revenu de remplacement. Ce sont deux mécanismes de nature différente, qui peuvent en théorie se cumuler si vous remplissez les deux grilles de conditions.
  • La démission-reconversion demande une préparation en amont, avant même de démissionner.

Les conditions de la démission-reconversion

  • Être en CDI dans le secteur privé (la fonction publique, ainsi que les employeurs en auto-assurance chômage comme certains grands groupes publics, en sont exclus)
  • Justifier de 1 300 jours travaillés sur les 60 derniers mois, chez un ou plusieurs employeurs (les congés sans solde, sabbatiques et périodes de disponibilité ne comptent pas dans ce total, mais changer d'employeur ne pose pas de problème)
  • Avoir un projet de reconversion "réel et sérieux" : formation, création ou reprise d'entreprise
  • Faire valider ce projet par un conseil en évolution professionnelle (CEP), puis par une commission paritaire interprofessionnelle régionale (CPIR, réseau Transition Pro), avant de démissionner
  • S'inscrire à France Travail dans les 6 mois suivant la notification de la décision de la CPIR

Le point qui piège le plus de monde : passé ce délai de 6 mois sans inscription à France Travail, le droit à l'allocation est perdu et il faut reprendre toute la procédure depuis le début, CEP compris. Il est donc risqué de faire valider son projet trop tôt par rapport à la date réelle de démission, et si vous visez aussi l'ARCE (le versement de l'ARE sous forme de capital), le calendrier de création de l'entreprise a lui aussi son importance.

Ce qu'il faut retenir avant de bâtir votre prévisionnel

Ne comptez ni l'un ni l'autre de ces dispositifs comme acquis avant d'avoir vérifié votre éligibilité réelle et respecté l'ordre des démarches. Si vous êtes concerné par l'un des deux, ou par les deux à la fois, intégrez-les dans votre plan de financement une fois la validation obtenue, pas avant. Notre quiz de choix de statut juridique tient compte de ces deux dispositifs dans ses résultats.